Éducation & Savoir

Poursuite des réformes du système éducatif

Nouria-Benghebrit - ministre de l education-09

Lors d’une conférence de presse, tenue au lycée de mathématiques de Kouba, la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit, a souligné, hier, que la poursuite des réformes sera axée durant l’année scolaire 2014-2015 sur le cycle primaire et les corps d’inspection et d’enseignement.

Dans le cadre de son plan quinquennal, le gouvernement prévoit, une série de mesures visant à réaliser « un bond qualitatif » à travers la prise en charge des préoccupations socioprofessionnelles. Un objectif que le secteur compte atteindre à travers l’élimination des disparités entre les wilayas, la scolarisation des enfants aux besoins spécifiques, la refonte des programmes du palier obligatoire et le développement du sens créatif chez l’élève.

Par ailleurs, un intérêt particulier sera accordé, selon Mme Benghabrit, à l’éducation civique, à l’enseignement des principes de démocratie et du dialogue d’autant plus que l’école constitue, a-t-elle soutenu, l’environnement propice à l’initiation aux principes de l’unité nationale.

Le tableau des réformes (rentrée scolaire 2015)

En retraçant le tableau des réformes qui seront applicables à partir de la rentrée scolaire 2015, la ministre a souligné qu’il s’agira de la révision de la conception actuelle de l’évaluation du travail scolaire des élèves, y compris les examens, afin de réhabiliter l’effort des élèves par le contrôle continu (réflexion autour de la fiche de synthèse pour les 2e et 3e années secondaires). Les objectifs de ce contrôle visent l’amélioration de l’accès à l’université des nouveaux bacheliers. « Nous sommes en train de travailler sur les coefficients, notamment ceux obtenus au baccalauréat, ainsi que ceux réalisés aux contrôles continus pour aider l’élève » précise Mme Benghebrit qui a annoncé également la suppression de la seconde session de la 5e année primaire. « Nous avons constaté qu’à la fin de l’année, après les examens accompagnés du contrôle continu, 80% des élèves qui passent l’examen de la 5e année passeront à la 6e, donc nous avons jugé qu’il n’est pas nécessaire de faire une deuxième session », a-t-elle souligné.

Surcharge et lourdeur du cartable

S’agissant du problème de la surcharge et de la lourdeur du cartable dont souffrent les écoliers, qui est d’ailleurs un grand souci des parents, la ministre à fait savoir qu’il y aura une réduction du poids du cartable de 30% pour les écoliers des 1re, 2e et 3e année primaire avec comme solution finale une armoire de rangement dans chaque classe. Mais cette mesure sera applicable pour cette année seulement dira la ministre, affirmant que la rentrée de 2015 verra la suppression de tous les livres pour être remplacés par le livre unique. « Notre objectif pédagogique est d’aller vers le livre unique, une commission travaille sur cette question ».

Elle a fait savoir, dans le même ordre d’idées, que le glissement national du livre gratuit au « livre solidaire » n’est pas un don pour l’élève mais un prêt. Il sera rendu à l’établissement scolaire à chaque fin d’année. « L’objectif de l’année prochaine n’est pas comme celui de la présente où le livre est toujours offert. A partir de l’année prochaine ce sera une mise à disposition. Par cette dernière, on souhaite développer le volet éducation civique qui concerne, entre autres, le respect du livre.

Un guide de gouvernance

Elle a également annoncé que le ministère de l’Education nationale procèdera dès l’année prochaine à l’édition d’un « guide de gouvernance ». « Nous avons constaté qu’il existe beaucoup de problèmes dans le secteur en matière de gestion, nous élaborerons ce document d’orientation et nous souhaitons que tous nos partenaires participent à une charte d’éthique qui va être discutée avec eux » a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il y aurait, également, l’institutionnalisation du principe de l’obligation de résultats. « Nous avons les coudées franches parce que nous nous inscrivons dans le cadre de la politique gouvernementale dans le travail d’une commission qui a donné ses résultats, de mesures qui ont été prises par le conseil du gouvernement et qui ont été adoptées par l’APN. Cette marge de manœuvre inscrite dans l’esprit de ces référentiels est destinée à améliorer essentiellement le système », souligne la ministre.

Adoption momentanée de la double vacation

Répondant à une question relative à la surcharge des classes, la ministre a affirmé que le ministère « est contraint momentanément d’adopter le système des deux vacations partielle et totale » pour régler ce problème, soulignant que cette mesure n’était pas « la solution efficiente » mais que le secteur était contraint momentanément » d’y recourir. Cette surcharge, poursuit -elle, est due à la non remise par les entreprises de réalisation de certains établissements éducatifs prévus depuis 2008. Le taux de « réalisation de ces établissements d’enseignement moyen et secondaire varie entre 60 et 70%, tandis qu’un nombre insuffisant d’établissements primaires a été réceptionné. Le ministère de l’Education nationale doit établir « un agenda pour la gestion du dossier des structures éducatives dans chaque wilaya » en collaboration avec les collectivités locales pour les appeler à la nécessité d’accélérer la réalisation des établissements prévus. Elle a toutefois jugé que la formation des enseignants dans le domaine de la gestion de la classe est plus que nécessaire et constitue une priorité pour son secteur.

Écoles privées : un statut à revoir

Par ailleurs et répondant à une question relative à la place des écoles privées et leur rendement, la ministre, a tenu à signaler « Il ne faut pas diaboliser les établissements privés qui représentent moins de 1 % dans la carte du secteur de l’Education nationale en Algérie et qui constituent un facteur complémentaire de l’acte éducatif », note t-elle en ajoutant que ces établissements peuvent contribuer à la résolution de plusieurs problèmes auxquels fait face l’école algérienne, en l’occurrence, la surcharge.

Dans la même idée, elle a saisi l’occasion pour évoquer les « bons résultats » que les établissements privés ne cessent d’obtenir d’année en année, particulièrement pour les cycles primaire et moyen. Elle a, toutefois, déploré le niveau « faible » des résultats d’autres écoles privées aux épreuves du baccalauréat. « Je trouve qu’il est inconcevable et inadmissible qu’un établissement secondaire privé enregistre un taux de réussite de 0% au baccalauréat. Je pense qu’il est temps de revoir le statut de ces écoles » a-t-elle déclaré en ajoutant que son département exigera des écoles privées « des explications » sur les aspects pédagogiques et éducatifs, notamment les résultats obtenus lors des examens officiels. « Il est temps de réguler et d’organiser le fonctionnement de ces établissements qui doivent respecter le cahier des charges signé avec la tutelle. J’appelle les responsables de ces établissements privés à mettre en œuvre le programme national dans les manuels scolaires destinés aux élèves », lance la ministre.

En dressant un tableau des chiffres prévisionnels de la présente rentrée scolaire 2014, la ministre a fait savoir que pour l’effectif des élèves :

Nombre total des élèves tous cycles confondus est de 8.618.155.
L’éducation préparatoire (5 ans) : 425.800.
Le cycle primaire : 3.929.427,
cycle moyen : 2.706.873 et
cycle secondaire avec 1.556.055 élèves.
Pour les ressources humaines, le personnel tous statuts confondus s’élève à 668.739 dont 456.813 relevant de l’encadrement pédagogique.

Concernant le concours de recrutement externe

les postes ouverts sont de 25.104 et le nombre de postulants est de 400.555, tandis que le nombre de recours est de 4000 (500 recours acceptés et 3500 recours non fondés). Pour ce qui est des infrastructures, le nombre général des établissements scolaires a atteint 25.496 : 18.173 d’écoles primaires. 5171 collèges et 2052 lycées). Le retard enregistré dans la réalisation : taux de réalisation salles du primaire 24% du total programmé, taux de réalisation de collèges : 60% et le taux de réalisation de lycées est 70%.

Les logements au Sud : sur les 5830 programmés, seuls 47% ont été finalisés.

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