Éducation & Savoir

Faut-il laisser les enfants buller durant les vacances ?

Etudiant

L’école est finie mais nos bambins doivent-ils continuer à travailler durant les vacances ? Conseils du pédagogue Philippe Meirieu.

Le Nouvel Observateur:
❏ Angoissés par la peur de l’échec et baignés dans le culte de la performance, les parents se ruent sur les cahiers de vacances pour leurs bambins. Un « must have » de la valise ?

Philippe Meirieu :
↪ Tout comme les parents qui attendent le break des vacances, les enfants ont besoin d’une période de décompression et de repos. De plus, dans l’immense majorité des cas, les élèves n’ont pas besoin de devoirs de vacances sauf prescription de leurs enseignants. Les cahiers de vacances sont une opération commerciale. Dans la plupart des cas, les élèves ne dépassent pas la troisième ou la quatrième page : c’est un peu comme les bonnes résolutions du jour de l’an qui ne tiennent pas sur la durée. Pour les enfants inquiets, stressés, l’idéal est de reprendre ses cahiers de l’année 15 jours ou trois semaines avant la rentrée.

❏ Les devoirs à la maison sont souvent un casse-tête pour les parents, alors durant l’été, l’entreprise s’annonce plus périlleuse encore… Avez-vous quelques conseils ?

Philippe Meirieu :
↪ Les parents n’ont pas à se substituer aux enseignants. Et encore une fois, s’il y a un conseil majeur, c’est de ne pas scolariser les vacances abusivement, en en faisant une école « Bis ». L’idéal est de se lancer dans une activité dans laquelle il y a un enjeu intellectuel qui leur permet de progresser : rien n’est plus efficace que de réaliser une recette de cuisine pour vérifier s’il maîtrise la proportionnalité, de créer un itinéraire sur une carte IGN, de faire un herbier, gérer un petit budget pour faire une fête avec des amis ou retapisser la chambre pour se coller au mètre carré. Les vacances sont également un moment de partage, de collaboration intergénérationnelle.

❏ et un temps privilégié pour ouvrir un livre, une BD…

Philippe Meirieu :
↪ Oui, la lecture reste le parent pauvre du fait des rythmes de vie. Il faut les inciter à prendre ce temps pour lire. Plutôt que d’acheter un cahier de vacances, mieux vaut pousser la porte d’une libraire ou d’une bibliothèque pour que l’enfant choisisse deux ou trois livres qu’il aura envie de lire.

le site de Philippe Meirieu
[via]  Fanny Weiersmuller, nouvelobs.com

Rechercher
Aller plus loin
Articles archivés
Catégories
Pourquoi pas !